CP-Enquête exclusive : France Assos Santé Hauts-de-France donne la parole aux usagers sur leurs difficultés d’accès aux soins de premier recours
Communiqué de presse
13 octobre 2022
Enquête exclusive : France Assos Santé Hauts-de-France donne la parole aux usagers sur leurs difficultés d’accès aux soins de premier recours
France Assos Santé est l’union nationale des associations agréées pour représenter les usagers dans le système de santé. La délégation régionale Hauts-de-France, composée de 66 associations, est de plus en plus interpellée au sujet de difficultés liées à l’accès aux soins sur les territoires, en particulier concernant l’accès au médecin traitant.
La région des Hauts-de-France n’apparaît globalement pas très attractive pour la profession médicale. La densité médicale y est en baisse : de 5639 médecins généralistes libéraux en 2012 à 5022 en 2021, soit 600 médecins traitants de moins en dix ans ! La situation est d’autant plus alarmante que les inégalités au sein de la région dans la répartition des médecins entre les différents territoires s’aggravent d’année en année, malgré les politiques menées.
Une enquête qualitative qui éclaire les problèmes vécus par les patients
Dans ce contexte, France Assos Santé Hauts-de-France a réalisé une enquête inédite qui donne le point de vue d'usagers issus de territoires en désertification médicale et démontre les conséquences concrètes et quotidiennes de la sous-densité de médecins dans le parcours de soins des patients.
En résumé, les personnes interrogées ont besoin de voir régulièrement un médecin traitant : pour bénéficier du parcours de soins coordonné, pour le traitement de leur maladie chronique ou encore pour répondre à des besoins plus aigus. Mais l’accès au médecin traitant leur est devenu globalement difficile. Celles qui en ont encore un portent des inquiétudes sur l’avenir proche. Le départ en retraite de leur médecin est imminent, sans perspective de nouvelles installations sur leur territoire ; et avec des médecins généralistes aux alentours qui ne prennent plus de nouveaux patients. A leur connaissance, il n’est plus possible de consulter un médecin généraliste sans rendez-vous. Elles n'ont pas connaissance non plus d'une permanence des soins ambulatoires le week-end ou durant les vacances d’été. Cela les amène à voir les urgences comme ultime "premier recours" faute d’alternative.
France Assos Santé Hauts-de-France se mobilise
Dans le prolongement de cette enquête France Assos Santé Hauts-de-France avait réuni le 28 septembre dernier, l’ensemble des acteurs du système de santé de la région autour du thème « Qui pour me soigner ? Accès aux soins dans les territoires, avec les usagers ! » pour pouvoir leur exprimer les difficultés d’accès au médecin traitant, et aux soins non programmés, vécues aujourd’hui par les usagers ; mais aussi pour mieux comprendre les nouvelles coopérations des professionnels de santé, notamment les maisons de santé pluriprofessionnelles et les communautés professionnelles territoriales de santé. En effet, nous pensons que les usagers ont toute leur place dans ces nouvelles organisations.
A l’occasion de ce rendez-vous, France Assos Santé avait rappelé avec force que les usagers et les personnes malades ne doivent en aucun cas être les boucs-émissaires des difficultés d’accès aux soins, comme certains représentants des professionnels de santé le prétendent en évoquant les rendez-vous non honorés ou des exemples anecdotiques de demandes farfelues des patients. Les patients sont bien les principales victimes de la désertification !
Pour revoir ce temps fort : https://www.youtube.com/watch?v=S2ltKVWMWc8
Nos conclusions
La situation actuelle et future nécessite que des mesures fortes soient prises. Nous l’avions identifié dans notre plaidoyer national notamment pour les élections de 2022 : régulation des installations médicales et rétablissement de la permanence des soins obligatoire , soutien professionnel et personnel à l’exercice coordonné, rémunération des professionnels plus adaptée à la réalité des pratiques et des besoins de la population.
Au vu de la situation en Hauts-de-France, nous portons plus particulièrement quatre exigences pour l’accès aux soins dans l’ensemble des territoires :
• Revoir l’organisation des soins pour permettre l’accès de tous à un médecin traitant
• Garantir l’installation de médecins généralistes dans les zones sous-dotées
• Ne pas faire des téléconsultations LA réponse aux déserts médicaux
• Pouvoir accéder à des soins non programmés
France Assos Santé Hauts-de-France et ses représentants participeront activement aux prochaines conférences menées dans chaque département dans le cadre du Conseil National de la Refondation. Ce sera l’occasion d’y porter la voix des usagers dans un esprit de dialogue et d’ouverture avec nos partenaires : professionnels de santé et les élus. Nous ne nous contenterons pas d’un « ne vous inquiétez pas dans 10 ans les problèmes de démographie seront résolus » comme nous l’avons entendu le 28 septembre. C’est en 2022 que les personnes ont besoin d’accéder aux soins, pas en 2032 !
Contact presse : Clément Bailleul, chargé de mission : cbailleul@france-assos-sante.org - 03 66 32 18 88 / 07 56 34 09 08
Café-Rencontre "Accès aux soins des personnes en situation de handicap en établissements de santé"
Nous vous attendons nombreux pour participer au prochain Café-Rencontre que nous organisons en partenariat avec le CREAI et le Réseau Santé Qualité Risques (RSQR) des Hauts-de-France le 10 novembre 2022 de 14h à 16h30 au CREAI (54 bd Montebello à Lille).
Nous serons heureux de vous accueillir dès 13h30 autour du café.
Nous échangerons sur la question "Comment favoriser l'accès aux soins des personnes en situation de handicap en établissements de santé ?"
Programme complet en cliquant ici.
La rencontre est gratuite mais il est nécessaire de vous inscrire au préalable : Je m'inscris
Appel à candidatures - Représentants des Usagers dans les Commissions d'Activité Libérale
Appel à Candidatures
Représentants des Usagers en Commissions d'Activité Libérale dans les établissements de santé de la région Hauts-de-France
A la fin du mois de septembre 2022, l'Agence Régionale de Santé Hauts-de-France nous a adressé la liste des établissements de santé de la région dont les Commissions d'Activité Libérale sont échues et doivent être renouvelées (24 établissements sur la région).
L’activité libérale dans les établissements publics de santé correspond à l’activité réalisée à titre « privé » par certains médecins hospitaliers au sein même de l’établissement. Dans chaque établissement public de santé où s’exerce une activité libérale, une commission de l’activité libérale est chargée de veiller à la bonne application des dispositions législatives et réglementaires régissant cette activité ainsi qu’au respect des clauses des contrats d’activité libérale. La commission régionale de l’activité libérale établit, quant à elle, périodiquement, le bilan régional de l’activité libérale des praticiens statutaires à temps plein.
Article R6154-12 du Code de la Santé Publique
Plus d'informations : Fiche pratique Santé Info Droits : B.8 Exercice libéral de la médecine à l’hôpital
Nous avions proposé une enquête sur le fonctionnement des CAL en région Hauts-de-France en début d'année 2022, retrouvez les résultats en cliquant ICI.
Afin de proposer des représentants des usagers pour siéger au sein des 24 établissements, nous lançons donc un appel à candidatures, auprès de nos associations membres, du 7 octobre 2022 au 21 octobre 2022 (23h59).
Nous recherchons un représentant des usagers par établissement. Le mandat de RU en CAL est un mandat de 3 ans renouvelable.
En cas de candidatures multiples pour un même établissement, les critères de sélection porteront sur :
- l’implantation ou l’activité effective de l’association agréée sur le territoire régional et celui de la CDU/l’établissement ciblé.
- la priorité sera donnée aux membres déjà formés, désignés et engagés dans le(s) mandat(s) précédent(s).
- un formulaire en ligne de candidature et l'autorisation expresse du représentant légal de l'association agréée pour cette candidature.
- la représentativité : hommes/femmes, diversité des associations,… au sein de l'établissement
- l’absence de conflit d’intérêt pouvant être mis en évidence (exemple : l’association candidate pour un établissement dont elle est par ailleurs gestionnaire, l’association propose un adhérent/candidat qui travaille dans l’établissement, etc…).
Vous souhaitez renouveler votre mandat en Commission d'Activité Libérale ou déposer votre candidature pour la première fois ?
Cliquez ICI pour accéder au formulaire de candidature
Retour en images sur la journée régionale "Qui pour me soigner ?" du 28 septembre 2022
« Qui pour me soigner ? » revivez notre journée régionale en Replay
Le 28 septembre dernier, nous avons invité l’ensemble des acteurs du système de santé de la région autour du thème « Qui pour me soigner ? Accès aux soins dans les territoires, avec les usagers ! » pour pouvoir leur exprimer les difficultés d’accès au médecin traitant, et aux soins non programmés, mais aussi pour mieux comprendre les nouvelles coopérations des professionnels de santé, notamment les maisons de santé pluriprofessionnelles et les communautés professionnelles territoriales de santé.
En effet, nous pensons que les usagers ont toute leur place dans ces nouvelles organisations !
Retrouvez le replay complet de la journée sur notre page Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=S2ltKVWMWc8
La préoccupation est partagée puisqu’une centaine de participants ont répondu à notre invitation, ainsi qu’une centaine de personnes connectées à distance : les représentants de l’ordre des médecins et des unions régionales des professionnels de santé, de l’agence régionale de santé et de l’Assurance Maladie, mais surtout les membres des associations d’usagers du système de santé.
Nous les remercions pour leur mobilisation !
La journée en images
Introduction :
Table-ronde 1 : 
Table-ronde 2 :
Table-ronde 3 :
Synthèse :
Crise de l’hôpital : A leur tour, les patients témoignent d’une situation critique !
De nombreux acteurs se sont exprimés ces derniers mois dans les médias sur la crise de l’hôpital, dont la parole légitime des soignants et des élus locaux.
Une voix est moins entendue que les autres : celle des usagers de la santé, pourtant touchés de plein fouet par les difficultés croissantes du système de santé.
France Assos Santé leur a donné la parole en réalisant une enquête exclusive auprès de 655 patients et représentants d’usagers, avec le relais de ses associations membres et délégations régionales. Les résultats de cette enquête réalisée en juin apportent un éclairage de l’intérieur sur les problèmes à l’hôpital. Ils confirment l’extrême mise en tension des personnels soignants et de ses conséquences délétères sur la prise en charge des patients à toutes les étapes de leur parcours.
Un constat unanime de la dégradation de l’offre de santé tous secteurs confondus
Les constats qui reviennent le plus souvent à travers les expériences partagées par les usagers font état de fermetures de lits ou de services, de déprogrammations chirurgicales, de reports de rendez-vous et d’une détérioration des relations soignants/soignés (manque d’écoute et de disponibilité de la part du personnel), qui mettent en péril la qualité, la continuité et la sécurité des soins.
La situation est particulièrement critique dans les services d’urgences avec la réduction ou la fermeture de services et dans les services de soins programmés.
Des conséquences palpables sur la qualité et la sécurité des soins, les droits fondamentaux et la santé mentale des usagers
Ces fermetures et ces fonctionnements dégradés ont impacté gravement les prises en charge :
- La dégradation de l’offre avec un retard/report de soins, du fait des déprogrammations, questionne la sécurité des prises en charge : « Oui, on a l’impression de ne pas être correctement suivi médicalement voire en danger car les rendez-vous sont longs à obtenir ». Les délais s’allongent, créant des retards de prise en charge, des temps de consultation raccourcis (« 5 minutes accordées au patient pour une première consultation »), des ruptures de parcours de soins et la désorientation de patients. Les témoignages recueillis dans l’étude indiquent une situation particulièrement critique pour les personnes âgées, pour les personnes en situation de handicap et pour les personnes souffrant de problèmes psychiques, pour lesquelles les retards de soin et longues attentes (jusqu’à 9 heures d’attente en pédo-psychiatrie, sans lit disponible au final) entraînent une aggravation des symptômes.
- La dégradation du lien soignant /soigné du fait des tensions au sein du système de santé. Les témoignages sont unanimes : « manque de concentration du personnel » ; « [Un] personnel fatigué qui ne prend plus le temps d’écouter le patient », « épuisé, irritable, [qui] se fait agresser au moins verbalement par des patients las d’attendre. ». Les usagers évoquent de la « négligence » ; un « manque de vigilance ». Insuffisamment écoutés, les usagers sont également insuffisamment informés, « renvoyés chez eux sans nouvelle date d’intervention » et « sans accompagnement ».
De nombreux témoignages font état d’un sentiment d’abandon. Les usagers évoquent le stress et l’anxiété liés au morcellement de leur parcours de soins.
Renforcer la démocratie en santé : une urgence !
A l’heure où s’ouvrent les débats sur la transformation du système de santé dans le cadre du Conseil national de la refondation, cette enquête corrobore les constats de terrain et messages d’alerte des associations membres de France Assos Santé relayés depuis des mois. Il est urgent de faire barrage à la dégradation des relations soignants/soignés et notamment de :
- Mieux informer et garantir un suivi actif des patients subissant reports de diagnostic et déprogrammations
- Renforcer la démocratie en santé en confortant le rôle des représentants des usagers en tant que sentinelles du système de santé et alliés du soin. Vingt ans après la loi du 4 mars 2002 dite loi Kouchner, qui a consacré le principe de démocratie en santé, France Assos Santé demande une mission IGAS d’évaluation du fonctionnement des Commissions des usagers (évolution de la nature des saisines, du traitement des plaintes et réclamations)
- Plus que jamais la place des représentants des usagers dans les instances de délibération et de concertation à l’hôpital doit être garantie et les moyens de leurs missions assurés.
Cliquez sur l'image pour consulter l'intégralité de la synthèse de l'enquête flash France Assos Santé
CONTACT PRESSE : Laëtitia BERNIGAUD – 07 56 34 10 86 – communication@france-assos-sante.org
Cliquez ICI pour télécharger le Communiqué de presse












