Retrouvez aujourd’hui les résultats de notre enquête sur les inégalités d’accès aux soins dans les territoires des Hauts-de-France !
Les déserts médicaux, les attentes pour avoir un rendez-vous chez un spécialiste, les dépassements d’honoraires… Nous avons tous connu ou entendu ces difficultés, et aujourd’hui nous les avons documentées pour mieux comprendre comment les usagers se soignaient (ou non) dans notre région. Bien au-delà des chiffres, cette enquête montre des difficultés à se soigner très différentes selon les territoires, les parcours et les générations — d’où son nouveau nom.
Plus de 10 ans à l’écoute des usagers
Ce travail s’appuie sur 17 entretiens exploratoires que nous avons menés auprès de professionnels au contact des usagers, ainsi que sur 9 focus groupes menés dans 7 territoires des Hauts-de-France, de Lille à la Thiérache. Ce travail s’inscrit dans la continuité d’enquêtes précédentes menées de 2012 à 2017, plus de dix ans de recul pour mesurer ce qui a vraiment changé, et ce qui n’a pas bougé.
Sur le papier, tout va bien (ou presque). Mais dans les faits ?
94 % des usagers interrogés déclarent avoir un médecin traitant. De quoi rassurer, en apparence. Mais dès qu’il s’agit d’un spécialiste, la réalité change de visage : « On est dans un désert médical dans le sens où s’il faut aller quelque part et qu’on est très atteint, c’est une ambulance (…) quelqu’un qui a fait un AVC à Fruges a plus de chances d’avoir des séquelles qu’ailleurs. On appelle ça une perte de chance. » (Claire, Fruges). Face à ces impasses, le pharmacien s’impose comme un point d’appui de plus en plus central — un constat qui se confirme d’édition en édition depuis 2012.
Un désert qui n’est plus seulement géographique
Le désert médical n’est plus qu’une question de distance : c’est aussi une question de délais. Attendre plusieurs mois un rendez-vous, c’est une autre forme d’éloignement du soin. Et ces difficultés ne sont pas à étudier individuellement : elles se cumulent, car tout le monde n’a pas les mêmes ressources à mobiliser pour y faire face. « Moi, souvent, c’est ma mère qui appelle, donc je n’ai pas trop de difficultés, mais plus tard ce sera à moi de gérer donc ça va être compliqué. » (Zoé, Le Nouvion-en-Thiérache). Un carnet d’adresses, un proche qui sait orienter vers le bon confrère, un médecin traitant qui anticipe les délais avec un « plan B » : ce sont des ressources, pas des droits. À mesure que le système de santé demande de plus en plus aux usagers pour y accéder, ceux-ci s’organisent autrement pour continuer à y naviguer.
Ce qui s’invite en 2026
Trois sujets nouveaux marquent cette édition : la santé mentale et la charge mentale du quotidien, la méfiance envers le numérique et l’intelligence artificielle (« « C’est bien, mais pour les personnes âgées …. Ça a des avantages, mais pour ceux qui maitrisent pas le numérique … » Théa), et une défiance plus large envers les institutions de santé publique — des thèmes qui portent la voix des usagers dans une région où les indicateurs de santé peuvent être alarmants.
Et après ?
Qu’allons-nous faire de ces résultats ? Porter la voix des usagers dans les instances, auprès des élus, aller dans les communes enquêtées pour présenter les résultats aux décideurs, mais aussi faire que le prochain Projet Régional de Santé intègre nos éléments afin que cela donne du sens à toutes ces données très riches.
A propos de France Assos Santé
Créée en mars 2017, France Assos Santé est l’organisation de référence qui porte la voix et défend les intérêts des patients et des usagers du système de santé. Elle regroupe près de 100 associations nationales qui agissent pour la défense des droits des malades, l’accès aux soins pour tous et la qualité du système de santé. Elle forme les 15 000 Représentants des Usagers qui siègent dans les instances hospitalières et de santé publique. Elle prend une part active dans le débat public et porte des propositions concrètes auprès des acteurs institutionnels et politiques pour améliorer le système de santé.
Contacts presse :
Maureen POLLART : 06 42 60 00 44 ; mpollart@france-assos-sante.org
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